Featured

Stationnement des poids lourds en Wallonie : un enjeu majeur pour la sécurité et la mobilité

VWC FD parkings poids lourds

La Wallonie occupe une position stratégique au cœur des grands flux logistiques européens. Cette réalité fait de notre région un important territoire de transit pour le transport routier de marchandises, en particulier le long d’axes structurants tels que la N4 ou la E411.

Cette situation entraîne toutefois des défis importants en matière de stationnement des poids lourds : capacité d’accueil insuffisante sur certains axes, sécurité des chauffeurs et des marchandises, nuisances locales ou encore adaptation des infrastructures existantes.

C’est dans ce contexte que j’ai interrogé le ministre de la Mobilité, François Desquesnes, afin d’obtenir un état des lieux précis des infrastructures disponibles en Wallonie et des perspectives envisagées pour les prochaines années.

 

Plus de 3 500 places de stationnement recensées en Wallonie

Dans sa réponse, le ministre indique que la Wallonie compte actuellement 3 540 emplacements pour poids lourds répartis sur 106 aires autoroutières.

La province de Namur est particulièrement concernée par cette problématique. Le district autoroutier de Daussoulx regroupe à lui seul 592 places de stationnement, réparties notamment sur les aires de :

  • Wanlin ;
  • Aische-en-Refail ;
  • Spy ;
  • Salazine ;
  • Tellin ;
  • Fernelmont ;
  • Hulplanche ;
  • Ostin.

Le Gouvernement reconnaît néanmoins que des tensions subsistent sur plusieurs axes fortement fréquentés, en raison notamment du rôle international de transit joué par la Wallonie.

Des investissements annoncés jusqu’en 2027

Le ministre rappelle également que la question des aires autoroutières et du stationnement des poids lourds a été intégrée au « Plan Infrastructures et Mobilité pour Tous » (PIMPT).

Une enveloppe de 32,5 millions d’euros est prévue pour la période 2020-2027 afin de :

  • rénover certaines aires existantes ;
  • améliorer les équipements ;
  • augmenter les capacités lorsque cela est techniquement et environnementalement possible.

Plusieurs sites ont déjà bénéficié de travaux importants, notamment à Bierges et Waremme, tandis que le chantier de Sprimont est actuellement en cours.

La sécurité routière au cœur des décisions

Au-delà de la simple capacité de stationnement, le ministre insiste sur les critères techniques nécessaires pour accueillir des poids lourds dans de bonnes conditions :

  • emplacements suffisamment longs ;
  • espaces de manœuvre adaptés ;
  • largeur adéquate des voies de circulation ;
  • revêtements capables de supporter durablement le poids des véhicules.

Ces exigences expliquent aussi pourquoi certains anciens parkings ne sont plus considérés comme adaptés aujourd’hui.

Le cas du parking de Fontaine, situé le long de la N4 à proximité de Hamois, a notamment été évoqué. Ce parking a été fermé pour des raisons de sécurité routière, en concertation avec les services de police. Sa configuration créait des situations dangereuses, certains automobilistes confondant l’aire de repos avec la sortie vers la N97.

Une problématique qui concerne aussi les communes rurales

Cette question dépasse largement le seul cadre autoroutier. De nombreuses communes traversées par des axes de transit sont confrontées à des difficultés concrètes liées au stationnement de camions sur des voiries non adaptées.

Il est donc essentiel que les pouvoirs régionaux continuent à travailler en concertation avec les communes afin de trouver des solutions équilibrées conciliant :

  • sécurité routière ;
  • mobilité ;
  • qualité de vie des riverains ;
  • besoins du secteur du transport.

Le ministre indique enfin que de futurs projets de création ou de réhabilitation de parkings pour poids lourds pourront être examinés dans le cadre des prochains plans d’investissement de la SOFICO.

Je continuerai à suivre ce dossier avec attention, tant pour les enjeux de sécurité que pour les réalités vécues localement par les habitants et les communes concernées.

Retrouvez l'échange parlementaire intégral que j'ai pu avoir avec le Ministre sur le sujet.

À découvrir également