Commission de l'éducation du lundi 26 janvier 2026 : retour sur mes questions orales à la Ministre Glatigny

Hier, en commission de l'éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j'ai interrogé la Ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny, sur deux sujets d'actualité qui ont agité le débat public outre nos frontières, mais qui résonnent avec nos propres enjeux : le vouvoiement obligatoire au Québec et les amendes financières dans une école suisse.
Ces deux questions, inspirées par des mesures prises à l'étranger, m'ont permis d'aborder des thématiques essentielles : le respect dans la relation élève-enseignant, le climat scolaire, et les moyens de faire respecter le règlement scolaire sans créer d'inégalités.
🎯 Climat scolaire 👨🏫 Relation enseignant-élève ⚖️ Égalité 📜 Contrat école-société
1️⃣ Le vouvoiement obligatoire : une levier de respect et de climat scolaire ?
Le Québec a récemment instauré l'obligation pour les élèves de vouvoyer leurs enseignants, du primaire au secondaire. Cette mesure vise à renforcer le respect de l'adulte et à améliorer le climat scolaire.
J'ai interrogé la Ministre sur trois points :
- Quelle est la pratique actuelle en FWB ? Existe-t-il des règles ou recommandations ?
- Quel regard porte-t-elle sur la mesure québécoise ?
- Le vouvoiement pourrait-il être encouragé dans le cadre du futur contrat école-société ?
🎥 Voir la vidéo de ma question sur le vouvoiement
💡 Points clés de la réponse de la Ministre :
- Liberté pédagogique : Le tutoiement ou vouvoiement relève de l'autonomie des pouvoirs organisateurs. Il n'y a pas de prescription gouvernementale en la matière.
- Vision globale nécessaire : Le vouvoiement seul ne peut être un levier suffisant de respect. Le climat scolaire et la relation enseignant-élève doivent être envisagés de manière plus globale.
- Spécificités selon les niveaux : Si le vouvoiement peut se justifier en primaire et secondaire, il est moins pertinent en maternelle où les enfants ont besoin de proximité affective pour se construire et maîtrisent encore mal, par ailleurs, l'usage des pronoms.
2️⃣ Amendes financières à l'école : une dérive punitive ?
Une école professionnelle du canton d'Argovie en Suisse a instauré un système d'amendes pouvant atteindre 100€ pour sanctionner les retards, absences injustifiées et manquements au règlement. Une mesure controversée qui soulève de nombreuses questions.
Mes questions à la Ministre :
- Quel regard sur cette approche suisse ?
- Ces sanctions sont-elles compatibles avec nos principes pédagogiques ?
- De telles pratiques existent-elles en FWB ?
- Quelles alternatives pour responsabiliser les élèves ?
- Comment soutenir les équipes éducatives face à ces problématiques ?
🎥 Voir la vidéo de ma question sur les sanctions financières
💡 Points clés de la réponse de la Ministre :
- Rejet clair de l'approche financière : La Ministre ne valide pas cette option qu'elle considère comme un vecteur d'inégalité et un mode punitif inadapté.
- L'école n'est pas un tribunal : L'approche punitive par amendes ne correspond pas à la mission éducative de l'école ni à la vision du gouvernement en la matière.
- Risque d'inégalité sociale : Les sanctions financières pénalisent davantage les familles en situation précaire.
🔑 L'essentiel à retenir : le contrat école-société
Au-delà de ces deux questions spécifiques, un élément majeur est ressorti de nos échanges :
La Déclaration de Politique Communautaire (DPC) prévoit la mise en place d'un nouveau contrat entre les écoles, les parents et les élèves.
Ce contrat devra se traduire dans les règlements d'ordre intérieur et mettra en avant :
- ✅ La confiance réciproque entre les acteurs
- ✅ Le respect des autres, des codes de l'école et des règles de vie
- ✅ L'importance du plaisir d'apprendre et du travail
Excellente nouvelle : La Ministre a indiqué que le projet de contrat école-société est finalisé et sera très prochainement soumis à la concertation des acteurs. Les invitations ont déjà été envoyées.
C'est donc une étape importante qui s'annonce pour renforcer la relation de confiance entre l'école, les familles et les élèves, sans tomber dans des mesures punitives ou inégalitaires.
Mon analyse :
Ces échanges démontrent l'importance d'une approche équilibrée et réfléchie en matière d'éducation. Ni le vouvoiement imposé, ni les amendes financières ne sont des solutions miracles. Ce qui importe, c'est de construire ensemble un cadre de confiance et de respect mutuel, dans lequel chaque acteur - élèves, parents, enseignants - trouve sa place sereinement, avec des règles claires néanmoins, et qui permettent la responsabilisation et l'épanouissement de chacun.
Le contrat école-société qui arrive en concertation sera l'occasion de poser ces bases de manière concertée et inclusive. Je suivrai attentivement sa mise en œuvre.
Valérie Warzée-Caverenne
Députée - Présidente de la commission de l'Éducation