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Co-accueil : "Il faut absolument rouvrir le débat autour du cadre extinctif" (VWC)

Valérie Warzée Caverenne coaccueil

Depuis plusieurs mois, je me mobilise pour que le modèle du co-accueil puisse à nouveau être développé en Fédération Wallonie-Bruxelles. Aujourd’hui, ce modèle est verrouillé par un cadre réglementaire dit “extinctif” : les co-accueils existants peuvent subsister, mais il n’est plus possible d’en créer de nouveaux.

Face aux besoins criants de places d’accueil, à la pénurie de personnel et à la nécessité de soutenir des modèles plus souples et dignes de débloquer rapidement des places d'accueil de qualité, j’ai interpellé la Ministre de l’Enfance, Valérie Lescrenier, à travers trois questions parlementaires. Voici ce qu’elle m’a répondu – et ce que cela implique pour l’avenir du co-accueil.

1️⃣ Le co-accueil et la question des coûts

Dans une première question, j’ai interrogé la Ministre sur l’objectivation des coûts des différents modèles d’accueil, et plus particulièrement sur la place du co-accueil.

La Ministre rappelle que :

  • les coûts varient fortement selon les modèles (crèches, services d’accueil d’enfants, accueillantes indépendantes) ;
  • le personnel représente entre 60 et 80 % des coûts ;
  • les crèches subventionnées sont les plus coûteuses en raison des normes d’encadrement et d’infrastructure.

Elle reconnaît toutefois un élément essentiel dans ma réflexion : le co-accueil présente des coûts structurellement plus faibles. Il nécessite moins d’infrastructures lourdes, permet une mutualisation du travail entre accueillantes et réduit certaines charges administratives. Elle souligne également la richesse professionnelle de ce modèle.

➡️ Le co-accueil est donc identifié comme un modèle pertinent, mais sa relance est conditionnée à des analyses complémentaires.

2️⃣ Quel avenir pour le co-accueil ?

J’ai ensuite interrogé la Ministre sur l’avenir du co-accueil et l’état d’avancement des travaux du groupe de travail sur les modèles innovants.

La réponse est claire sur le cadre actuel :

  • le co-accueil « lieu tiers » a été conçu initialement comme un dispositif transitoire, notamment pour permettre le passage au statut salarié ;
  • une évaluation du modèle a déjà eu lieu dans le cadre de la réforme MILAC ;
  • le co-accueil fait aujourd’hui partie des modèles analysés par le bureau BDO, à la demande de Wallonie Santé, dans le cadre d’une task force lancée début 2025.

Les conclusions de ces travaux sont attendues au premier semestre 2026. D’ici là, la Ministre estime qu’il est prématuré de modifier la programmation.

➡️ Conséquence directe : aucun nouveau co-accueil ne peut être créé aujourd’hui, même si les transformations de co-accueils existants se poursuivent.

3️⃣ La question des règles fédérales sur le travail

Enfin, j’ai interrogé la Ministre sur l’impact des règles fédérales en matière de temps de travail.

La Ministre apporte une précision importante :

  • le droit du travail n’interdit pas le co-accueil en tant que tel ;
  • mais selon le type de contrat (travail à domicile ou contrat classique), les limites horaires peuvent rendre difficile l’organisation d’un accueil de 10 heures par jour, 5 jours par semaine.

Elle confirme cependant un point fondamental :

Depuis le 1er janvier 2026, seuls les co-accueils existants peuvent continuer à fonctionner. Il n’est plus possible d’en créer de nouveaux.

Ce verrouillage est inscrit dans la réglementation actuelle.

✊ Pourquoi je continue à me battre

Ces réponses montrent une chose : le co-accueil n’est ni un modèle dépassé, ni un modèle inefficace. Il est reconnu pour sa souplesse, ses coûts maîtrisés et sa qualité humaine.

Mais tant que le cadre restera extinctif, nous nous priverons de la possibilité de créer de nouvelles places d'accueil de qualité, ce qui est dommage à mon sens et d'autant plus dans un contexte de pénurie.

Je continuerai donc à porter ce dossier :

  • pour que le co-accueil ne soit pas seulement étudié, mais réellement rendu à nouveau possible ;
  • pour que les travaux en cours débouchent sur des décisions politiques concrètes ;
  • et pour défendre des modèles d’accueil diversifiés, viables et adaptés aux besoins des familles et des professionnels.

Le débat est ouvert — et il est plus que jamais nécessaire.

Valérie

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